Et oui, ça devait arriver, après tout tu avais créé ta boite pour gagner un peu plus que la normale, mais bon, il est encore temps de faire attention.
Bon, déjà tu t'en aperçois quand ton expert compatble te rend le bilan, c'est-à-dire 3 à 6 mois après la date de cloture d'exercice, donc, pour ajouter des charges et payer moins d'impôts, autant dire que tu l'as dans l'os.
Il aurait été plus intéressant que tu ais un rdv avec lui (ou elle) 3 mois avant la fin de l'exercice et fait une extrapolation. Bon, je dois avouer que même en ayant proposé aux experts comptables de procéder de cette manière, méthode qui a de multiples avantages, tu peux anticiper, mais bon,apparament ça dérange:" et puis voyez-vous mon bon monsieur, si on faisait ça, on devrait donner des conseils aux clients, donc potentiellement soumis au défaut de conseil," "oui, peut être, mais 1 n'est ce pas votre métier, et 2, vous êtes déjà soumis à l'obligation de conseil"... Je ne suis qu'un simple consultant, pas un expert, mais bon je préfère prévenir que guérir...
Bref, partons du principe que tu t'aperçoives que tu vas avoir des bénéfices et qu'il va te falloir choisir ce que tu vas en faire.
Partons aussi du principe (beaucoup plus rare) que tu ai la tréso, ou que tu l'auras. Bon, tout d'abord, la TVA ne t'appartient pas, donc elle doit être sur un compte à part. Puis viennent les impôts, donc ça aussi ça ne t'appartient pas.
Ce qu'il te reste c'est donc un bénéfice après impôts, sauf que par rapport aux méthodes classiques, j'y adjoint la tva (expérience perso, je m'écarte de la théorie universitaire).
Là, généralement, ton expert comptable te sort :"Oh là, là, bénèfices = impôts, vite défiscalise!"
oui, mais bon, l'investissement qui te permet de défiscaliser te pompe ta tréso, un pépin et t'es mort (déjà vu, plus d'une fois), l'expert a touché sa comm, faut pas se leurrer, mais toi tu es en danger. Pourquoi t'en es arrivé là? C'est simple, ton investissement t'a amputé de ta capacité d'emprunt pour le développement de la société, alourdi ton bilan, pour finalement pas grand chose. Valeur ajoutée de l'opération, pas loin du zéro absolu. Ca c'est au mieux, au pire, la même chose mais t'as plus de tréso vu que t'as tout pris pour payer cash. Donc, c'est pas le top.
Bon, si ta société est détenue par un fonds de pension, le problème se pose même pas, tout ce qui reste ira aux actionnaires, t'aura plus de tréso, et tu peux plus rien prévoir comme plan d'investissement. La seule solution serait d'emprunter et/ou de reconstituer les capitaux propres, donc faire appel aux actionnaires, qui oublient vite qu'ils ont des obligations. Ca devient vite ingérable et tu es condamné. Si un jour des futurs ex salariés lisent ça un jour, j'espère qu'ils comprendront et qu'ils en tireront les conséquences surtout s'ils rachètent leur boite.
Un bon système est de diviser en 3 tiers :
- un tiers pour pérenniser l'activité, donc gestion de tréso, formation du personnel,etc. L'existant.
- un tiers pour développer l'activité : prospection, développement des outils, nouvelles technologies de remplacement,
- un tiers pour le développement extérieur : diversification des activités, achats de concurrents, etc.
Méthode simple, qui, je te le rappelle est strictement la même qu'applique un certain Monsieur Bolloré, qui n'aime ni la bourse, ni les banquiers, qui a un gros bateau qu'il prête aux copains...
Plus généralement, c'est la même repartition que doivent respecter tes investissements perso : 1 tiers court terme (Livret, codevi,...)
Moyen terme (valeurs mobilières, assurance vie,...)
Long terme (immobilier)
Pas de secret donc.
Bon, pour pouvoir se permettre ce genre de chose, il faut mettre en place des tableaux de bords qui te permettront de voir tes futurs recettes et dépenses, ce qu'on appelle les flux financiers, ou cash flow en anglais. Tu peux le faire sur un tableau excell en faisant recettes/ dépenses et soldes, tu as aussi quelques logiciels qui peuvent t'y aider que j'ai indiqué sur le blog. C'est juste du bon sens.
Si tu y ajoutes toutes les catégories de dépenses, ça s'appelle la compta analytique et là, même si les grands groupes dépenses des millions dans de systèmes ERP, style SAP, ben en fait c'est strictement la même chose.
Généralement, quand je mets ce genre d'outil en place dans une entreprise (à partir d'un fichier excell, par exemple), l'expert comptable se réveille et dit :" mais moi aussi je peux le faire!", ben oui, ben pourquoi tu l'as pas fait alors? Bon, faut dire que le jour où je verrai un expert comptable serrer la pogne à un tourneur pour lui demander comment on calcule la vitesse de rotation d'un tour en fonction du diamètre et de la vitesse de coupe, combiné à la vitesse d'avance pour calculer la consommation d'une machine et calculer le coût de revient, là, le monde aura changé.
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